Tract diffusé par le PCQ-PCC à la manifestation du Jour de la Terre le 22 avril 2012, à Montréal
La lutte du mouvement étudiant québécois contre la hausse des droits de scolarité s’engage maintenant dans une onzième semaine de grève. Impliquant à son zénith jusqu’à 310 000 étudiantes et étudiants en même temps, la grève est poursuivie par plus de 170 000 d’entre elles et eux encore aujourd’hui. Cette grève est désormais historique tant par sa durée que le nombre d’étudiantes et d’étudiants qu’elle aura mobilisés. Le 22 mars dernier, elle aura aussi donné lieu à la plus importante manifestation de toute l’histoire du Canada en faisant marcher dans les rues de Montréal plus de 200 000 personnes.
Le Parti communiste du Québec salue cette lutte étudiante qui est exemplaire par le courage, la détermination et le militantisme des étudiantes et des étudiants qui ont organisé dans toutes les régions du Québec des dizaines de manifestations quotidiennement depuis 70 jours, manifestations colorées et rivalisant d’imagination. Elles ont contribué à faire en sorte que non seulement leur lutte ait reçu une couverture médiatique exceptionnelle, mais ce faisant, de populariser aussi leurs revendications pour l’accessibilité à l’éducation pour toutes et tous et ainsi tenir en respect la propagande mensongère du gouvernement.
Les revendications étudiantes reçoivent l’appui de larges secteurs de la population, notamment l’intelligentsia, le monde artistique et le mouvement syndical.
Les efforts du mouvement étudiant pour élargir la lutte au-delà de ses propres revendications vers une contestation plus large et globale des politiques d’austérité et néolibérales du gouvernement sont remarquables. Ainsi, a-t-il appelé tous les secteurs de la population à se mobiliser dans un “printemps québécois”. Les étudiantes et les étudiants se sont mobiliser aussi en solidarité avec la lutte des travailleuses et des travailleurs de Rio Tinto à Alma.
Un élément-clé de la force du mouvement est certainement l’unité qui a existé dans les faits depuis le début de grève entre les différentes organisations étudiantes. Le gouvernement en est bien conscient et c’est la raison pour laquelle sa stratégie consiste essentiellement à essayer de les diviser.
Comme en 2005, le gouvernement espère isoler la CLASSE. Il invite la FEUQ et la FECQ à une première rencontre de négociation en excluant la CLASSE, prétextant encore une fois son refus de « condamner » explicitement des gestes «violents» (cette fois-ci, du vandalisme contre la propriété et des menaces à l’endroit de certains ministres). Pourtant, la CLASSE s’est clairement dissociée de ces gestes. Elle n’a aucune prise sur des gestes isolés que peuvent poser des individus frustrés par le pourrissement du conflit et le mépris du gouvernement. On peut même penser que ces individus ne fassent possiblement pas partie du mouvement étudiant, voire qu’ils sont des agents provocateurs de la police elle-même. De tels gestes ne servent que le gouvernement en lui donnant l’occasion de détourner le débat et discréditer le mouvement étudiant aux yeux de l’opinion publique.
Pendant ce temps, le gouvernement refuse de reconnaître le droit de grève des étudiantes et des étudiants qu’il réduit au droit de chacun de simplement « boycotter » individuellement ou si on veut, de sécher ses cours . Il encourage ouvertement le recours aux tribunaux contre la grève étudiante, provoquant délibérément les situations d’affrontement. Il refuse par ailleurs de condamner la violence policière. Pire, il en profite pour accroître la répression à l’endroit des protestataires, répression qui prend des proportions inégalées. Depuis le début de la grève, les forces policières provoquent la violence, même lors de manifestations pacifiques. Rappelons-nous le cas de Francis Grenier qui était sérieusement blessé le 7 mars par une bombe assourdissante lancée par la police à 30 cm de son visage et qui risque aujourd’hui de perdre la vision de son œil droit.
Ce qui est certain, c’est que c’est un prétexte qu’utilise le gouvernement pour ne pas négocier. La manœuvre est cousue de fils blancs puisque depuis le début du conflit, notamment à l’émission Tout le monde en parle, la ministre Line Beauchamp ne s’est pas gênée de manifester son refus de négocier, particulièrement avec la CLASSE dont elle considère les positions trop radicales.
Le Parti communiste considère qu’il est indispensable que les associations étudiantes restent unies et continuent de faire front contre le gouvernement, quelle que soit la décision du congrès de la CLASSE sur la question de la condamnation des gestes violents. C’est là un devoir absolu. Pour déjouer la manœuvre du gouvernement, il faut refuser de négocier en l’absence d’une des associations. Accepter de négocier divisées ne saurait donner que des résultats médiocres et consacrer la défaite des étudiantes et des étudiants.
Le Parti communiste encourage les associations étudiantes à persévérer dans la grève « la minute de plus », même s’il devenait nécessaire d’envisager de poursuivre la lutte l’automne prochain.
Les organisations syndicales regroupées dans l’Alliance sociale ont demandé au gouvernement de suspendre l’application de la première hausse prévue en septembre 2012, le temps de mettre en place une commission permanente visant à revoir l’ensemble de la gestion de l’enseignement supérieur et de recevoir son premier rapport, possiblement dès la rentrée de l’automne. Cette proposition pourrait permettre de s’engager dans une véritable négociation.
L’Alliance appelle aussi ses membres à soutenir la lutte étudiante et les revendications pour un financement plus adéquat des réseaux collégiaux et universitaires où les entreprises devraient contribuer davantage. Cependant, l’Alliance ne va pas jusqu’à appeler ses syndicats à s’investir directement dans le mouvement de grève et se contente de soutenir les étudiantes et les étudiants qui pour l’instant, restent seuls au front de la lutte politique contre les mesures gouvernementales. Portant, hausse des droits de scolarité n’est qu’un des éléments de l’ensemble des attaques que mènent la bourgeoisie et son gouvernement contre la classe ouvrière et la majorité de la population.
Le Parti communiste considère qu’il est de la responsabilité du mouvement syndical de se joindre au combat directement pour y porter ses propres revendications et de ne pas seulement demeurer derrière les étudiantes et les étudiants. La lutte étudiante actuelle a une portée plus large que la seule question des droits de scolarité et une défaite du mouvement étudiant sera une défaite pour toutes et tous.
Une pétition de citoyennes et de citoyens circule présentement demandant aux directions syndicales « d’assumer votre rôle social aujourd’hui plus que jamais, et de vous porter à la défense de la classe moyenne du Québec par un discours fort, tenace, constant, répété. Nous souhaitons voir ce discours accompagné d’un appel à la mobilisation nationale, en débutant peut-être par une journée de grève générale symbolique à la grandeur du Québec. Si un tel symbole était insuffisant pour faire comprendre à ce gouvernement que la cour est pleine, alors votre devoir est de vous solidariser avec le peuple pour prendre des moyens d’action plus intenses et plus forts».
Le Parti communiste appui cette position et propose que l’Alliance sociale appelle à la tenue d’états généraux des mouvements ouvrier, étudiant et populaire durant lesquels pourrait être débattue la question d’une grève « sociale », générale et politique. Considérant le temps nécessaire pour rechercher les mandats des unités locales, nous croyons que celle-ci pourrait être appliquée au début de l’automne prochain. Cependant, une action symbolique ou de perturbation, d’envergure nationale, pourrait être appelée dès ce printemps.
Depuis deux ans, le Parti communiste du Québec appelle à la grève générale sociale contre les mesures d’austérité du gouvernement libéral. Seul un tel mouvement d’ensemble peut permettre à la classe ouvrière et aux couches populaires de renverser le rapport de force social actuel où elles demeurent condamnées à se défendre en groupes isolés des attaques incessantes de la bourgeoisie.
Aujourd’hui, les étudiantes et les étudiants sont massivement dans les rues et leurs revendications dépassent le cadre des frais de scolarité alors que les scandales de corruption des élites politiques s’accumulent.
Ne restons pas indifférents et mobilisons-nous massivement dans la rue!
Vive la lutte étudiante!
Joignons nos luttes!
En avant pour la grève générale!
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